Le rappeur BORO700 doit comparaître devant le tribunal judiciaire de Paris ce mercredi 21 octobre. En cause : son morceau « MRH », dont les paroles font référence à Mohammed Merah et aux attentats du 13-Novembre. Après la diffusion de vidéos montrant des lycéens reprendre la chanson, l’affaire a pris une nouvelle ampleur.
Le rap français est une nouvelle fois au cœur d’une controverse judiciaire. Le rappeur BORO700 est attendu devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le 21 octobre 2026. Il doit répondre de faits d’apologie du terrorisme, d’apologie de crime contre l’humanité et de menace de mort sous condition, selon les informations communiquées par le parquet et rapportées par plusieurs médias. <Cite refs={[« turn617731search1″, »turn617731search4 »]}/>
Au centre de l’affaire se trouve un titre intitulé « MRH », dont les paroles évoquent plusieurs figures liées au terrorisme en France. Initialement signalée à la justice durant l’été, la chanson a de nouveau fait parler d’elle début octobre, après la circulation de vidéos montrant des adolescents la reprendre lors de mobilisations lycéennes.
BORO700 : pourquoi son morceau « MRH » fait polémique
Publié en 2026, le morceau « MRH » fait référence à Mohammed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, ainsi qu’à Salah Abdeslam, condamné pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015.
Certaines paroles évoquent également le Bataclan et les attaques terroristes qui ont frappé Paris. C’est notamment ce contenu qui a conduit Éric Ciotti, maire de Nice, à saisir la justice le 3 août 2026.
Le dossier a ensuite été porté devant la juridiction parisienne. Les qualifications retenues par le parquet sont particulièrement graves, mais c’est à la justice qu’il appartient de déterminer si les infractions reprochées au rappeur sont constituées. <Cite refs={[« turn617731search0″, »turn617731search4 »]}/>
Des vidéos de lycéens relancent l’affaire
Alors que le morceau avait déjà suscité des réactions durant l’été, l’affaire a pris une nouvelle dimension début octobre.
Le 1er octobre, des lycéens ont repris la chanson dans l’enceinte du lycée François-Villon, à Beaugency, dans le Loiret, lors d’une mobilisation. Les images ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux et provoqué de nombreuses réactions.
Le parquet d’Orléans a ouvert une enquête sur les faits survenus à Beaugency. De leur côté, les autorités judiciaires parisiennes ont lancé des investigations après la diffusion de vidéos montrant des adolescents reprendre le titre.
Trois mineurs ont également été placés en garde à vue à Orléans dans le cadre de l’enquête liée à cette affaire, selon les informations rapportées par Le Parisien et l’AFP. <Cite refs={[« turn617731search1″, »turn617731search5 »]}/>
Une autre séquence, tournée dans une église de Soullans, en Vendée, a également attiré l’attention des autorités. Ces épisodes ont contribué à élargir la controverse au-delà du seul contenu musical.
Qui est BORO700, le rappeur au visage dissimulé ?
BORO700 reste relativement discret sur son identité. Originaire du quartier de La Passerelle, dans le 12e arrondissement de Paris, il apparaît dans ses clips avec le visage dissimulé, notamment sous une cagoule blanche portant l’inscription « V12 », selon RTL.
Son morceau « MRH » est devenu le principal sujet de discussion autour de son nom, bien au-delà de son public habituel.
Dans un communiqué diffusé le 9 octobre, son manager a indiqué que le rappeur et son équipe condamnaient fermement toute forme d’apologie ou de glorification du terrorisme, ainsi que toute forme de violence et de haine. Cette déclaration intervient alors que l’artiste doit désormais s’expliquer devant la justice. <Cite refs={[« turn617731search0″, »turn617731search3 »]}/>
Que risque BORO700 devant le tribunal ?
La comparution annoncée le 21 octobre porte sur trois qualifications : apologie du terrorisme, apologie de crime contre l’humanité et menace de mort sous condition.
L’enjeu sera notamment d’examiner le contenu du morceau, les paroles qui lui sont attribuées et leur portée au regard du droit pénal. En matière d’expression artistique, la qualification juridique dépend du contenu précis des propos et des circonstances dans lesquelles ils ont été diffusés.
Il faut donc distinguer la polémique suscitée par la chanson des infractions que la justice devra examiner. À la veille de l’audience, aucune condamnation dans cette affaire ne doit être présentée comme acquise.
Le rap français face aux limites de la liberté d’expression
L’affaire BORO700 relance une question récurrente : jusqu’où un artiste peut-il aller dans la provocation, notamment lorsqu’un texte fait référence à des attentats et à leurs auteurs ?
Le rap a souvent utilisé la transgression, la confrontation et les références violentes comme ressorts artistiques. Mais la liberté d’expression n’exclut pas l’application de la loi lorsque des propos sont susceptibles de constituer une infraction.
Dans ce dossier, le débat dépasse donc la musique. Il touche aussi à la circulation des contenus auprès des jeunes, à la responsabilité des artistes et à la manière dont les plateformes contribuent à rendre certains morceaux viraux.
L’audience du 21 octobre sera une étape importante pour comprendre les suites judiciaires de cette affaire. La décision de justice, et non la seule polémique sur les réseaux sociaux, permettra d’établir les éventuelles responsabilités pénales du rappeur.

