L’annonce a secoué le monde de la musique urbaine : Benab, l’une des voix les plus mélodieuses du rap français, a choisi de mettre un terme à sa carrière. Dans un épisode exceptionnel du podcast Multiverse animé par Walid, Younes (son vrai nom) se livre comme jamais auparavant. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un artiste qui s’en va, mais celle d’un homme qui se retrouve.
Un tournant spirituel : L’après Omra
Pour beaucoup d’observateurs, le changement a été visible après son voyage à la Mecque. Pourtant, Younes précise que la Omra n’est pas un coup de baguette magique, mais un accompagnement ou un déclencheur. Face aux critiques sur les réseaux sociaux l’accusant de manque de sincérité, il répond avec une sérénité désarmante.
Il évoque la difficulté de cheminer spirituellement sous l’œil du public, particulièrement au sein de la communauté en France où le jugement est parfois facile. Pour lui, la foi est un moteur qui a fini par entrer en contradiction avec les exigences de l’industrie musicale.
Mariage et Vie de Famille : Construire sur le roc
L’un des segments les plus profonds de l’interview concerne le mariage. Younes partage son expérience de s’être marié jeune, décrivant cela comme un choix à la fois difficile et salvateur.
L’importance des fréquentations : Il souligne à quel point l’entourage influence notre trajectoire. Changer de vie implique parfois de s’éloigner de certaines relations pour préserver son nouvel équilibre.
La réalité du couple : Loin des clichés parfaits des réseaux sociaux, il rappelle que la réussite d’un couple repose sur des valeurs solides et une vision commune de la vie, bien au-delà de l’apparence.
« Quelqu’un » : Plus qu’une marque, une philosophie
Malgré son arrêt de la musique, Younes reste actif à travers sa marque de vêtements, « Quelqu’un ». Le nom n’est pas anodin. Il pose la question : C’est quoi, au fond, être quelqu’un ?
Pour l’ancien rappeur, « être quelqu’un » ne se mesure pas au nombre de vues ou de disques d’or, mais à l’impact que l’on a sur ses proches et à la cohérence de ses actes avec ses principes. C’est une invitation à l’excellence personnelle, quel que soit le domaine.
Le rapport à l’argent et à la « Baraka »
Dans un milieu où « le temps c’est de l’argent », Benab propose une vision radicalement différente. Il analyse la notion de Baraka (la bénédiction) dans les revenus. Pour lui, la priorité a glissé de la quantité vers la qualité et la provenance de ce qu’il gagne.
Il revient également sur une phrase qui a pu être mal comprise : « J’étais plus proche d’Allah dans le haram ». Par là, il exprime le sentiment de vulnérabilité et de besoin constant de Dieu qu’il ressentait lorsqu’il se savait dans l’erreur, comparativement à l’autosuffisance dangereuse que l’on peut ressentir quand on pense être « dans le bon chemin ».
Conclusion : Une reconstruction nécessaire
L’entretien s’achève sur une note d’espoir. Younes ne fuit pas son passé, il le transmute. Son parcours rappelle que le succès matériel ne comble pas toujours le vide intérieur et que le courage consiste parfois à tout arrêter pour mieux recommencer.

