Dans l’univers du cinéma, il y a des visages qui marquent et des trajectoires qui forcent le respect. Nassim Lyes fait partie de ces talents dont l’énergie semble inépuisable. Aujourd’hui à l’affiche du film « Bagarre », réalisé par Julien Royal, l’acteur d’origine libanaise incarne une réussite éclatante de la diaspora, bâtie à la force du poignet et du cœur.
Un héritage ancré dans la résilience
Pour comprendre Nassim Lyes, il faut remonter à ses racines. Né à Nîmes en 1988, il a grandi dans le quartier de la ZUP Nord. Si son père lui a transmis beaucoup d’amour, c’est sa mère, Malika, qui a été le pilier central de son éducation après le divorce de ses parents.
« Elle a dû endosser le rôle de mère et de bonhomme, » confie-t-il avec émotion [15:55]. Sa mère, une figure de détermination, a été la première femme chauffeure de bus à Nîmes avant de reprendre ses études à 40 ans pour devenir psychanalyste [18:32]. Ce modèle maternel a immunisé Nassim contre toute forme de fatalité : « Je vois d’où ma mère est partie et où elle est aujourd’hui. C’est le plus bel exemple de réussite » [19:03].
« Bagarre » : Une comédie engagée derrière le rire
Dans son nouveau film « Bagarre », Nassim incarne Naï, un personnage naïf et gentil qui déteste la violence mais doit se battre pour sauver son chien [00:44]. Bien que le film soit une comédie déjantée aux influences « manga » (rappelant Son Goku ou Nicky Larson), il n’en reste pas moins un projet qui aborde des sujets profonds comme le racisme et les violences faites aux femmes [02:26].
Pour Nassim, ce film marque la fin d’un cycle de personnages typés « banlieue ». Il souligne l’évolution de la société et du vote dans les quartiers, affirmant que le stéréotype de la cité est aujourd’hui daté : « Le shift a eu lieu, on ne peut plus parler des banlieues comme on en parlait » [24:18].
L’appel d’Hollywood : Highlander et au-delà
La réussite de Nassim dépasse désormais les frontières de l’Hexagone. Après avoir séduit le public sur Netflix avec « Sous la Seine » ou « Nouveaux Riches », il s’apprête à conquérir Hollywood. Il rejoint le casting du reboot de Highlander aux côtés d’Henry Cavill et Russell Crowe, avec un budget colossal de 150 millions de dollars [10:24].
Travailler avec des icônes comme Russell Crowe est pour lui un honneur immense, d’autant plus que sa mère, fan de cinéma d’action, l’a bercé aux films de Jean-Claude Van Damme et à la série originale Highlander [11:06].
Le message à la diaspora : L’amour et les mots
Malgré les coups durs de l’enfance, Nassim Lyes prône la réconciliation. Son parcours est la preuve que l’on peut transformer ses failles en force créative. Son message pour la nouvelle génération de la diaspora est clair : la vraie victoire ne se gagne pas par les poings, mais par l’amour, les mots et la persévérance.
L’œil de Yemma : Nassim Lyes incarne cette jeunesse qui n’oublie pas d’où elle vient pour mieux savoir où elle va. Fier de ses racines libanaises et nîmoises, il porte haut les couleurs d’une réussite plurielle et décomplexée.

