Tous les joueurs franco-algériens, franco-marocains et franco-tunisiens à la Coupe du Monde 2026

La Coupe du Monde 2026, organisée entre le Canada, les États-Unis et le Mexique du 11 juin au 19 juillet, confirme une tendance de fond : les trois sélections maghrébines comptent parmi les effectifs les plus internationaux de la compétition, portées par une diaspora née et formée en Europe, en particulier en France. Voici la liste complète, mise à jour, des joueurs formés en France ou d’origine française qui représentent l’Algérie, le Maroc et la Tunisie sur la scène mondiale.

Algérie : le vivier français, colonne vertébrale des Fennecs

Sur les vingt-six Fennecs sélectionnés pour ce Mondial, seize sont nés hors d’Algérie, et treize d’entre eux sont nés et formés en France. C’est, après l’équipe de France elle-même, le plus grand contingent de joueurs nés dans l’Hexagone présent à cette Coupe du Monde, toutes sélections confondues.

Parmi eux :

  • Riyad Mahrez (Al-Ahli), capitaine emblématique et star incontestée du groupe
  • Houssem Aouar (milieu offensif, formé à l’OL)
  • Nabil Bentaleb (milieu récupérateur, ancien de Tottenham)
  • Amine Gouiri (attaquant, formé à l’OL également)
  • Luca Zidane (gardien, fils de Zinédine Zidane, formé au Real Madrid)
  • Aïssa Mandi (défenseur central expérimenté)
  • Rayan Aït-Nouri (latéral gauche, Manchester City)
  • Jaouen Hadjam (défenseur, formé à Nice)
  • Fares Chaïbi et Fares Ghedjemis (milieux offensifs)
  • Anis Hadj Moussa (ailier)
  • Samir Chergui et Melvin Mastil (jeunes générations)

Cette dépendance à la diaspora française n’est pas nouvelle : elle traverse toute l’histoire moderne des Fennecs, de la génération 2010 (déjà dix-sept joueurs nés en France sur vingt-trois) jusqu’à celle de 2014, en passant par le sélectionneur Djamel Belmadi lui-même, né à Champigny-sur-Marne, premier binational à diriger la sélection depuis 2018.

Maroc : la diaspora la plus large du continent, entre France, Belgique, Pays-Bas et Espagne

Le Maroc n’est pas la sélection africaine la plus dépendante des binationaux nés en France spécifiquement, mais elle l’est de la diaspora européenne au sens large : les Lions de l’Atlas forment le deuxième effectif le plus international d’Afrique à ce Mondial, juste derrière la RD Congo, avec des joueurs formés aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne et en France.

La liste des 26 dévoilée par le sélectionneur Mohamed Ouahbi fait la part belle à cette nouvelle génération, tout en conservant les cadres de l’épopée 2022 :

Les cadres de 2022 : Achraf Hakimi (capitaine), Yassine Bounou, Sofyan Amrabat, Noussair Mazraoui, Nayef Aguerd, Youssef En-Nesyri

La génération issue de la diaspora européenne : Brahim Díaz (Real Madrid, formé en Espagne), Ismael Saibari (PSV Eindhoven, formé aux Pays-Bas), Bilal El Khannouss (Stuttgart, formé en Belgique), Chemsdine Talbi (Sunderland), Eliesse Ben Seghir, Abde Ezzalzouli (Betis)

Les joueurs formés en France : Ayyoub Bouaddi (Lille, passé par les équipes de jeunes françaises avant de choisir le Maroc), Samir El Mourabet et Gessime Yassine (tous deux formés à Strasbourg), Neil El Aynaoui (AS Rome, né en France)

Le Maroc entame ce Mondial dans le groupe C, face au Brésil, à l’Écosse et à Haïti, avec l’ambition de prolonger l’épopée de 2022, année où les Lions de l’Atlas étaient devenus la première nation africaine et arabe demi-finaliste.

Tunisie : une diaspora plus germanique et suisse, mais un noyau français bien présent

Sous la houlette du sélectionneur franco-tunisien Sabri Lamouchi, la Tunisie aligne quinze joueurs nés à l’étranger, avec une particularité : contrairement à l’Algérie, sa diaspora est davantage répartie entre l’Allemagne et la Suisse que la France seule.

  • Ellyes Skhiri (Eintracht Francfort), cadre expérimenté du milieu de terrain
  • Rani Khedira (Union Berlin), frère de Sami Khedira, champion du monde 2014 avec l’Allemagne, qui a choisi la nationalité tunisienne de son père
  • Ismaël Gharbi (Augsbourg), formé en France dans les filières du football francilien
  • Khalil Ayari (Paris Saint-Germain, 21 ans), l’un des rares joueurs de l’effectif directement issus d’un grand club français
  • Dylan Bronn et Montassar Talbi, tous deux passés par le championnat français (respectivement Servette et Lorient)
  • Hannibal Mejbri (Burnley), la pépite du groupe, formée à Manchester United.

Pourquoi un tel phénomène ?

Ce recours massif à la diaspora n’est pas propre au Maghreb : plusieurs études sur les Coupes du Monde disputées entre 1970 et 2018 montrent que les sélections comptant davantage de joueurs nés à l’étranger ont statistiquement tendance à aller plus loin dans la compétition. Pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, cela traduit surtout une réalité démographique : plusieurs millions de personnes originaires de ces trois pays vivent en Europe, essentiellement en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, et les fédérations ont fait de ce vivier un axe de recrutement assumé plutôt qu’une simple option de secours.

Et côté Bleus alors ?  les Français d’origine algérienne, marocaine et tunisienne

Le mouvement fonctionne aussi dans l’autre sens. Sur les vingt-six joueurs retenus par Didier Deschamps pour ce Mondial, quatre ont des racines algériennes du côté maternel, et tous ont, à un moment ou un autre, été suivis par la Fédération algérienne de football avant de choisir les Bleus :

  • Kylian Mbappé (capitaine), dont la mère Fayza Lamari est née à Bondy de parents originaires d’Amizour, en Kabylie
  • Rayan Cherki, lié à l’Algérie par sa mère Abla, dont la famille est originaire de Biskra
  • Maghnes Akliouche, dont les parents sont originaires de Raffour, dans la wilaya de Bouira, en Kabylie
  • Michael Olise, d’ascendance algérienne par sa mère franco-algérienne (il était par ailleurs éligible pour le Nigeria, l’Angleterre et l’Algérie avant de choisir la France)

Fait notable relevé par plusieurs observateurs : cette génération est exclusivement d’origine algérienne, sans représentant marocain ou tunisien identifié dans la liste 2026, ce qui reflète le poids historique de la communauté algérienne en France, première communauté d’origine étrangère de l’Hexagone

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