L’eurodéputée Rima Hassan, figure de proue du soutien à la cause palestinienne, s’est confiée au média Histoires Crépues. Entre géolocalisation en temps réel, accusations de possession de stupéfiants et pressions politiques, elle livre un témoignage sans précédent sur les méthodes de répression visant les voix dissidentes au sein de l’Union européenne.
Un placement en garde à vue sous le régime de la flagrance
Le 26 mars 2026, un tweet relayé par Rima Hassan déclenche une machine judiciaire d’une rapidité inhabituelle. Interrogée par le média indépendant, l’élue de La France Insoumise (LFI) souligne le caractère disproportionné de la procédure.
Alors que l’immunité parlementaire protège normalement les députés, elle a été ici contournée par une procédure de flagrant délit. « C’est la première fois qu’un député est placé en garde à vue pour un tweet », précise-t-elle [00:04:13]. Elle compare cette situation à des affaires de corruption lourde, comme le Qatargate, pour illustrer le décalage de traitement.
« Ils me géolocalisaient en temps réel » : Une surveillance politique ?
L’un des points les plus frappants de cet entretien concerne la surveillance dont elle fait l’objet. Lors de son interrogatoire, Rima Hassan réalise que les enquêteurs connaissent ses déplacements à la rue près, et ce, depuis le mois de janvier 2024 [00:09:25].
Traçage systématique : Les dossiers révéleraient des relevés de position fournis par son opérateur mobile.
Analyse des déplacements : Ses voyages entre Paris et Bruxelles, ainsi que son retour de vacances, ont été scrutés bien avant la publication du tweet litigieux.
Implication de l’État : Elle pointe du doigt une collaboration entre la préfecture de police, le ministère de l’Intérieur et celui de la Justice [00:10:21].
[Image d’un smartphone affichant une carte de géolocalisation avec des points de trajet]
L’affaire du « faux test » de drogue : Une tentative de décrédibilisation ?
Pendant sa détention, une information fuite dans la presse : Rima Hassan serait en possession de produits stupéfiants (3-MMC). L’eurodéputée démonte cette version en expliquant qu’il s’agissait de CBD à usage médical, acheté légalement.
Elle dénonce un test de police potentiellement contaminé et une volonté de noter des termes criminalisants dans le procès-verbal malgré un test urinaire négatif [00:13:43]. Pour elle, cette « fake news » visait à briser son image publique et à inquiéter ses proches.
Le combat diplomatique : Accord UE-Israël et situation en RDC
Au-delà de son cas personnel, Rima Hassan utilise sa tribune pour alerter sur des enjeux internationaux majeurs :
L’accord d’association UE-Israël : Elle demande la suspension de l’article 2 de cet accord, qui conditionne les relations commerciales au respect des droits de l’homme [00:18:08]. Elle soutient l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) ayant déjà recueilli plus d’un million de signatures.
Le « Génocoste » en RDC : L’élue dénonce le silence autour de la République démocratique du Congo. Elle lie directement la consommation mondiale de ressources minières aux massacres perpétrés dans l’est du pays, qualifiant la situation de « génocide pour des raisons économiques » [00:25:20].
[Image de la structure du Parlement européen]
Conclusion : Le « sacrifice » militant
Malgré la pression, Rima Hassan affirme être « en paix » avec la dimension de sacrifice que suppose son engagement. Elle appelle à une prise de conscience sur la dérive des lois antiterroristes et sur la nécessité de protéger la liberté d’expression des parlementaires face aux tentatives de « silenciation ».

