Fin de l’ère Walid Regragui : Mohamed Ouahbi reprend les rênes des Lions de l’Atlas à l’aube du Mondial 2026

Le football marocain traverse une zone de fortes turbulences. Ce jeudi 5 mars 2026, Walid Regragui, l’homme qui a porté le Maroc en demi-finale du Mondial 2022, a officialisé son départ du poste de sélectionneur. Dans une vidéo chargée d’émotion, le technicien de 50 ans a mis fin à des semaines de spéculations, laissant sa place à Mohamed Ouahbi, actuel entraîneur des U20.

Un départ acté après le traumatisme de la CAN

Si le bilan comptable de Regragui reste historique (36 victoires en 49 matchs), la cicatrice de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 ne s’est jamais refermée. La défaite en finale face au Sénégal a marqué le début d’une période de doutes profonds au sein de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et du vestiaire.

Malgré le soutien initial de Fouzi Lekjaa, la pression populaire et des tensions internes — notamment autour de la gestion de certains cadres comme Brahim Diaz ou le capitaine Achraf Hakimi — ont fini par user le « Head Coach ». Regragui a lui-même admis que l’équipe avait besoin d’un « nouveau souffle » et d’une « vision différente » pour ne pas stagner.

Mohamed Ouahbi : Le pari de la continuité interne

Pour remplacer l’icône Regragui, le choix s’est porté sur un homme de la maison : Mohamed Ouahbi. Vainqueur de la Coupe du Monde U20 avec le Maroc en 2025, Ouahbi incarne la réussite de la formation marocaine.

  • Son profil : Un tacticien moderne, adepte de la possession structurée.

  • Son staff : Il sera épaulé par João Sacramento (ex-adjoint de Mourinho) et l’ancien international Youssouf Hadji.

  • Sa mission : Intégrer les jeunes pépites qu’il a menées au sacre mondial (la « génération dorée ») tout en maintenant l’ossature de l’équipe A.

L’ombre du Mondial 2026 : Le Maroc sera-t-il prêt ?

Le timing de cette transition interpelle. À moins de 100 jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, changer de pilote est un pari extrêmement audacieux. Le Maroc se retrouve dans le « groupe de la mort » (Groupe C) aux côtés du Brésil, de l’Écosse et d’Haïti.

Les défis immédiats :

  1. Le choc psychologique : Ouahbi doit rapidement gagner la confiance des cadres encore marqués par le départ de Regragui.

  2. L’urgence tactique : Avec seulement deux matchs amicaux prévus fin mars (contre l’Équateur et le Paraguay), le temps d’expérimentation est quasi nul.

  3. La pression des résultats : Après 2022, le public marocain n’acceptera rien de moins qu’une qualification pour les phases finales.

L’équipe arrivera-t-elle à se préparer ? Si l’alchimie entre la jeunesse de Ouahbi et l’expérience des mondialistes de Qatar opère rapidement, le Maroc pourrait transformer cette crise en opportunité. Dans le cas contraire, le risque d’un naufrage en Amérique du Nord est bien réel.

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