Construire un empire sans Riba : La Success Story du co-fondateur d’O’Tacos (Sliman Traore)

Est-il possible de réussir financièrement sans jamais avoir recours au crédit à intérêt ? Pour Silman Traoré, co-fondateur de la célèbre enseigne O’Tacos, la réponse est un « oui » catégorique. Dans un épisode captivant du podcast Parlons Finance Islamique, l’entrepreneur grenoblois revient sur son ascension fulgurante, de ses débuts à Bordeaux jusqu’à la revente de ses parts d’un empire qui compte aujourd’hui des centaines de restaurants.

Voici les leçons clés à tirer de ce témoignage riche en enseignements sur l’entrepreneuriat éthique.

1. L’autofinancement et le sacrifice : Les débuts d’O’Tacos

Contrairement à beaucoup de startups modernes qui cherchent des levées de fonds immédiates, Silman Traoré a bâti son premier restaurant sur la base du travail et de l’épargne.

  • La culture de l’épargne : Dès l’âge de 16 ans, Silman multiplie les petits boulots. À 21 ans, alors qu’il termine son Master, il a déjà mis de côté 20 000 € [21:08].

  • Le choix crucial : Plutôt que de s’acheter une voiture, il investit tout son capital dans l’ouverture du premier restaurant à Bordeaux en 2011, complété par les 20 000 € de son frère [21:30].

  • L’absence de banque : Silman explique qu’à l’époque, les banques ne lui auraient de toute façon pas prêté. Ce refus forcé est devenu une force, lui permettant de rester en accord avec ses valeurs (éviter le riba ou intérêt) [22:02].

2. Le produit avant tout : Professionnaliser le « Tacos Lyonnais »

Si le concept de tacos avec des frites à l’intérieur vient de Lyon, Silman et ses associés ont été les premiers à le professionnaliser [11:07].

  • Innovation marketing : Ils ont transformé un sandwich d’indépendants en un véritable business model avec des recettes standardisées, un design moderne et une communication agressive sur les réseaux sociaux.

  • La force du digital : Silman a compris très tôt la puissance de Facebook. En passant d’une communication de bouche-à-oreille (80€ de CA le premier jour) à une stratégie digitale, les revenus ont explosé instantanément [41:44].

3. La franchise comme levier de croissance éthique

Comment ouvrir 75 restaurants en un an sans s’endetter ? La réponse de Silman est la franchise.

  • Partage de la réussite : Au lieu de tout garder pour lui, il a créé un système « gagnant-gagnant ». Les franchisés apportent le financement pour leurs propres points de vente, tandis que la marque apporte le savoir-faire [12:59].

  • Alternative à la dette : Ce modèle permet une croissance organique rapide basée sur l’économie réelle plutôt que sur l’effet de levier bancaire, protégeant ainsi l’entreprise des crises (comme celle du Covid) [01:16:30].

4. L’éthique et les valeurs au cœur du business

Pour Silman Traoré, la religion et l’éducation ne sont pas à laisser au vestiaire lorsqu’on entreprend :

  • La « Niya » (l’intention) : Il insiste sur l’importance d’avoir des intentions nobles dans chaque interaction humaine. Si l’intention est bonne, l’échec est plus facile à vivre car la conscience est tranquille [01:21:50].

  • La parole donnée : Dans un monde qui va vite, Silman rappelle que la parole d’un homme doit valoir plus qu’une signature sur un chèque [01:22:19].

  • L’argent comme outil, pas comme maître : Sa philosophie est simple : l’argent doit être dans la poche, pas dans le cœur [01:19:36].

5. De l’entrepreneur à l’investisseur

Après avoir vendu la majorité de ses parts en 2018, puis le reste en 2021, Silman est passé du côté de l’investissement (Private Equity).

  • Investir avec sens : Aujourd’hui, il place son capital dans des projets à impact réel et en conformité avec la Charia (Sharia-compliant) [59:05].

  • Le temps, denrée précieuse : Après 10 ans d’activité intense, il privilégie désormais l’équilibre entre la famille, la religion et le travail, ne travaillant plus par nécessité mais par passion [01:09:54].

Conclusion : Un modèle pour la jeunesse

Le parcours de Silman Traoré prouve qu’avec de la détermination, de la patience et une éthique de travail rigoureuse, il est possible de bâtir un empire en partant de zéro. Son conseil ultime aux jeunes entrepreneurs ? « Faites des erreurs, mais évitez les erreurs fatales » [01:20:15].

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