Le pain du matin en Algérie, il vient souvent de très loin. Le pays est l’un des plus gros acheteurs de blé au monde, et l’Ukraine est devenue un de ses fournisseurs clés. Pourquoi l’Algérie importe autant, d’où vient son blé, et pourquoi la hausse des prix mondiaux la concerne directement : Yemma t’explique.
Le blé, c’est comme le frigo de la famille
Imagine une grande famille qui mange beaucoup de pain et de couscous. Le jardin donne une belle récolte certaines années, mais jamais assez pour tout le monde. Alors on fait les courses chez plusieurs épiciers, pour ne pas dépendre d’un seul, et on compare les prix. C’est exactement ce que fait l’Algérie avec le blé.
Les besoins du pays en céréales dépassent 12 millions de tonnes par an, selon TSA. Or même une très bonne récolte ne suffit pas. En 2026, le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud a annoncé une récolte historique d’environ 5 millions de tonnes de céréales. Le reste, il faut l’acheter à l’étranger.
Blé dur, blé tendre : pas le même rôle
Il y a deux grands types de blé. Le blé dur sert à faire la semoule (couscous, galettes). Le blé tendre sert à faire la farine du pain. L’Algérie est historiquement un pays de blé dur, et selon TSA, elle pourrait atteindre l’autosuffisance en blé dur cette année. Le président Tebboune a estimé l’économie à plus de 1,5 milliard de dollars.
Mais pour le blé tendre, le pays reste très dépendant. L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), qui gère les achats, venait encore de conclure l’achat de 720 000 tonnes de blé tendre l’été dernier.
Alors, d’où vient le blé algérien ?
L’OAIC a choisi de multiplier ses « épiciers ». En 2022, son secrétaire général expliquait que le nombre de fournisseurs était passé de 22 à 32. Parmi eux :
- La Russie, devenue un fournisseur majeur ces dernières années.
- L’Ukraine : sur la campagne 2025/26, l’Algérie a acheté 2,78 millions de tonnes de blé ukrainien, ce qui en fait le 2e acheteur de blé ukrainien, selon le rapport Agrodigest cité par Latifundist.
- La France, longtemps fournisseur historique, dont la place a fortement reculé ces dernières années.
Tu as peut-être lu que « 30 % des céréales algériennes viennent d’Ukraine ». On n’a pas retrouvé ce chiffre dans une source fiable, donc on ne le reprend pas.
Pourquoi la hausse des prix mondiaux inquiète
La Russie et l’Ukraine représentent ensemble environ 30 % des exportations mondiales de blé. Avec la guerre, les ports de la mer Noire sont perturbés, et le transport et l’assurance coûtent plus cher. Résultat : les prix montent, selon Algérie Eco, qui cite Al Jazeera, la FAO et l’USDA.
Le département américain de l’Agriculture (USDA) prévoit que l’Algérie importera environ 8,3 millions de tonnes de blé en 2026-2027. Un petit calcul : si le blé prend 50 dollars par tonne, la facture annuelle grimpe d’environ 415 millions de dollars. C’est pour ça que l’Algérie figure parmi les pays les plus exposés.
Et la solution, c’est quoi ?
Le gouvernement mise sur la production locale : soutien aux agriculteurs (semences, engrais, matériel), nouveaux silos, et développement des cultures dans le Sud. Un plan prévoit de remettre en culture environ 2,5 millions d’hectares de terres en jachère sur dix ans, selon TSA. Le chemin est long, mais l’idée est claire : remplir davantage le frigo avec le jardin familial.
Ce qu’il faut retenir
- L’Algérie a besoin de plus de 12 millions de tonnes de céréales par an et en produit environ 5 millions dans une très bonne année.
- Elle achète son blé à une trentaine de fournisseurs, dont la Russie et l’Ukraine (2,78 Mt de blé ukrainien en 2025/26).
- Avec environ 8,3 Mt de blé importé prévues en 2026-2027, chaque hausse des prix mondiaux pèse lourd sur la facture.
Sources : TSA (récolte 2026) ; TSA (blé ukrainien) ; Latifundist / Agrodigest ; Algérie Eco.


