L’Égypte rend hommage à l’une des grandes voix de la chanson arabe. Du 20 au 30 octobre 2026, la 34e édition du
Festival et de la Conférence de la musique arabe réunit 91 artistes autour de 24 concerts, avec un hommage central au chanteur égyptien Hani Shaker, surnommé le « Prince du chant arabe ». Une édition placée sous le signe de la mémoire, de l’émotion et du patrimoine musical arabe.
Hani Shaker célébré par les plus grandes voix arabes
C’est une édition particulière qui s’ouvre à l’Opéra du Caire. Cette année, le festival est dédié à la mémoire de Hani Shaker, décédé le 3 mai 2026 à l’âge de 73 ans. Figure incontournable de la chanson égyptienne, l’artiste a marqué plusieurs générations grâce à ses chansons romantiques et à une carrière qui a traversé plus de cinq décennies.
Le coup d’envoi est donné le mardi 20 octobre avec une soirée spéciale consacrée à son héritage musical. Plusieurs artistes interpréteront ses titres emblématiques, permettant au public de retrouver un répertoire qui occupe une place importante dans la mémoire collective arabe.
Parmi les artistes annoncés figurent Anoushka, Nadia Mostafa, Neveen Ragab et Mohamed Shahin, accompagnés de musiciens de l’Opéra du Caire sous la direction du maestro Ahmed Atef.
Au programme, des chansons qui ont accompagné des générations d’auditeurs, dont « Law Betheb Haqiqi », « Neseiny Leh » et « Garhi Ana », témoignant de la place singulière occupée par Hani Shaker dans la chanson romantique arabe.
91 artistes et 24 concerts pour célébrer la musique arabe
Au-delà de cet hommage, le Festival de la musique arabe confirme son ambition de faire vivre les grandes traditions musicales de la région.
Pendant onze jours, 91 artistes participeront à 24 concerts organisés dans plusieurs lieux culturels, notamment l’Opéra du Caire, le Théâtre Sayed Darwich de l’Opéra d’Alexandrie et l’Institut de la musique arabe.
La programmation rassemble des figures majeures de la scène égyptienne et des artistes venus de différents pays arabes.
Parmi les noms attendus figurent notamment :
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Amal Maher, l’une des grandes voix de la chanson égyptienne contemporaine.
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Ali El Haggar, figure reconnue de la chanson égyptienne.
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Medhat Saleh, interprète populaire auprès de plusieurs générations.
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Omar Khairat, compositeur et pianiste de renom.
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Walid Toufic, chanteur libanais à la longue carrière.
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Amal Gharbi et Yosra Mahnouch, représentantes de la scène musicale tunisienne.
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Hammam Ibrahim, chanteur irakien.
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Waad Al Bahri, chanteuse syrienne.
Cette diversité illustre la volonté de faire dialoguer les différentes traditions musicales arabes, entre chanson classique, interprétation contemporaine et musique instrumentale.
Pourquoi Hani Shaker reste une figure majeure de la chanson arabe
Né le 21 décembre 1952 au Caire, Hani Shaker s’est imposé dès les années 1970 comme l’une des grandes voix de la chanson égyptienne. Formé à la musique, il a construit une carrière marquée par la chanson romantique, les grandes orchestrations et une interprétation reconnaissable.
Son parcours l’a placé dans la continuité d’une tradition musicale illustrée par des noms comme Abdel Halim Hafez, Oum Kalthoum et Farid El Atrache, tout en lui permettant de développer une identité artistique propre.
Au fil des décennies, son répertoire a dépassé les frontières égyptiennes pour toucher des publics au Maghreb, au Levant et au sein des diasporas arabes.
Son engagement dans la vie musicale égyptienne a également été important. Hani Shaker a présidé le Syndicat des musiciens égyptiens de 2015 à 2022, contribuant ainsi aux débats sur l’évolution du secteur musical dans son pays.
L’hommage organisé au Caire prend donc une dimension particulière : il ne s’agit pas seulement de célébrer un chanteur disparu, mais aussi de rappeler la place de la chanson égyptienne dans l’histoire culturelle arabe.
L’Égypte, toujours au cœur du patrimoine musical arabe
En consacrant cette édition à Hani Shaker, l’Égypte réaffirme le rôle historique de ses institutions culturelles dans la préservation et la transmission de la musique arabe.
Le festival ne se limite pas aux concerts. Une conférence scientifique organisée du 21 au 24 octobre réunira également des chercheurs autour de l’histoire, des évolutions et des traditions musicales de la région. Une rencontre consacrée au parcours artistique de Hani Shaker est aussi programmée le 23 octobre.
Cette dimension culturelle rappelle que la musique arabe constitue un patrimoine partagé, nourri par les échanges entre l’Égypte, le Maghreb, le Levant et les autres espaces du monde arabe.
Pour les nouvelles générations, comme pour la diaspora, ces événements offrent une occasion de redécouvrir des artistes dont les chansons continuent de circuler bien au-delà de leur époque.
Un hommage qui dépasse les frontières égyptiennes
La présence d’artistes de plusieurs pays arabes donne à cette 34e édition une portée régionale. Des scènes musicales tunisiennes et libanaises aux grandes voix égyptiennes, la programmation met en lumière une culture musicale qui traverse les frontières et les générations.
Pour les admirateurs de Hani Shaker, cet hommage est aussi l’occasion de mesurer l’empreinte laissée par un artiste dont les chansons continuent de résonner auprès de millions d’auditeurs.
À travers ces onze jours de concerts, l’Égypte célèbre ainsi une mémoire artistique, mais aussi une histoire musicale commune à une grande partie du monde arabe.
Et vous, quelle chanson de Hani Shaker vous a le plus marqué ?

